Etre Ange : Les Amours des Licornes

Etre Ange : Les Amours des Licornes
- Etre Ange : Les Amours des Licornes

Etre et Ange, n’est-ce pas le trait d’union entre la Terre et le Ciel, la conciliation de l’inconciliable, l’union des contraires, le mariage des opposés ? Ce à quoi chacun de nous aspire secrètement, désirant une harmonie parfaite, inatteignable.
Ivresse et sérénité, vol à travers l’espace, aux quatre vents du ciel et silence de la prière. L’Ange touchant de ses ailes à la beauté divine et à la « laideur » des cornes et des sabots du Déchu.
Quoi dire des quatre visages des chérubins dans la vision d’Ezéchiel, en découvrant leurs quatre regards qui ne se rejoindront jamais, qui englobent tout et qui vient d’Un ?
Les êtres doubles dont les corps ne sont pas solidement délimités. Les êtres de l’esprit, faisant un aller-retour permanent entre Dieu et humain, entre quotidien et sublimé. Toujours à la frontière. Des éternels émigrés dans l’impossibilité de choisir leurs attaches : comme ils nous ressemblent.
Est-il si difficile d’avouer le désir d’être ?

Placés au cours des choses et des évènements, chuchotant à nos oreilles une fois le bien, une fois le mal. Où prennent-ils leur commencement ? Dans une mouette, un serpent ou une étoile de mer ? Soutiennent-ils des pyramides ou des cathédrales ? Sont-ils plus proches des morts ou des vivants ?
Et rien d’autre comme réponse que des battements d’ailes.
Est-ce dans leur pouvoir que d’ordonner la montée et la descente des marées ? Est-ce qu’ils se glissent dans la trace d’un coquillage qu’une vague emporte ?
Et rien que des battements d’ailes.

Il a surgi de l’autre monde et sous n’importe quelle forme qu’il me soit apparu il était effrayant. Je l’ai apprivoisé, mon Ange, en le suppliant d’être, donc d’exister.
Il possède le parfum de la sainteté et de l’enfer. Il m’a inspiré autant de rêves que de cauchemars et pourtant je lui ai demandé de rester pour faire sonner cette corde qui n’est pas définie, imprécise, qui est « entre », et dont aucune existence, ne peut se soustraire.
C’est lui qui ordonne de se détruire ou de se dépasser et, selon notre assurance ou notre détresse, nous lui accordons la place d’un génie ou d’un démon.
Il n’avance pas avec un masque qu’on peut reconnaître et apprivoiser.
Où qu’il se trouve, côté Dieu, côté Satan, il porte un regard amusé sur notre carnaval.

Et pourquoi ne pas se pencher au dessus de l’abîme ?
Tendre à apercevoir son regard ricaneur ou compatissant.
Est-ce lui qui chuchote ?
C’est moi qui entends.
Mais moi je chuchote aussi…

ELI TIUNINE